jeudi 8 mai 2014

Retraite : ce qu’il faut faire pour la préparer

Pourquoi réaliser une étude de votre situation personnelle ?
Il est essentiel vous l’aurez compris de préparer votre retraite. A votre cessation d’activité, votre train de vie va dépendre de votre pension de retraite et de ce que vous aurez mis en place pour la compléter. L’étude de votre situation personnelle va vous permettre :
  1. D'estimer le montant de cette pension.
  2. De décider du montant que vous devez épargner pour la compléter d’une part et pour vous constituer un capital d’autre part.

Car parlons franchement, savez-vous quel montant de retraite vous allez percevoir ?
Vous avez 30 ans, vous êtes aujourd’hui salarié non cadre, vous touchez 2000 € nets par mois et vous estimez que vous allez toucher environ 80% de votre rémunération à la retraite (1600 €) ?
Alors sachez que vous en êtes loin… 70% ? ça pourrait correspondre à ce que touchent vos parents retraités, mais presque… 64% ! C'est-à-dire 1280 € de retraite par mois, soit une perte de 720 € par rapport à votre salaire. Et encore, ceci n’est basé que sur les taux de remplacement actuels. Autant dire que vous devez viser un montant encore plus bas !

Imaginons maintenant que vous êtes cadre, que vous avez toujours 30 ans et que vous touchez 3000€ par mois. Vous vivez bien mais sans chichi. Vous êtes aujourd’hui serein car vous vous dites que vous cotisez à la fois à l’Arrco et à l’Agirc et que cela ma foi doit vous permettre d’avoir une meilleure retraite…
Vous êtes cependant réaliste et vous vous dites compte tenu de l’exemple ci-dessus que vous ne devez pas viser les 80% de taux de remplacement, mais qu’un 70% serait très bien. 70% dites-vous ? Non… Alors au moins 64% comme les non-cadres ! Non, désolé j’aimerai bien mais c’est beaucoup moins… 60%... 50%... Vous vous dites que vous ne pouvez pas toucher moins de 50% de ce que vous gagnez aujourd’hui ! Et bien Si !! Visez un taux de remplacement de 42% soit 1260 € par mois dans l’exemple ci-dessus !
Je vous laisse peut-être quelques secondes afin de reprendre vos esprits…

Vous l’aurez compris, il est loin le temps où les taux de remplacement de la génération née à la sortie de la seconde guerre mondiale étaient de 83% pour les non-cadres et de 64% pour les cadres.



Vous donner les moyens de préparer votre retraite
Vous devez compléter votre pension de retraite en vous constituant, pendant que vous êtes en activité, une rente qui vous sera versée à vie. En effet, viser simplement à se constituer un capital pourrait se révéler extrêmement dangereux. Que se passerait-il si vous avez le malheur de vivre plus vieux que ce que vous escomptiez ? « Désolé Madame, désolé Monsieur, vous aviez opté de vivre seulement 20 ans après votre départ en retraite et je constate que vous arrivez à 90 ans et que vous avez consommé votre capital…  Je propose à Madame de reprendre un poste de caissière chez Carrefour et à Monsieur de retravailler chez MacDo comme lorsqu’il était étudiant… ». Cela vous fait rire ? Cela pourrait pourtant vous faire pleurer dans 30 ou 40 ans si vous avez aujourd’hui 40 ou 50 ans…
Je suis pessimiste ? défaitiste ? alarmiste ? Non, juste réaliste…

Si la constitution d’une rente est indispensable, vous devez également vous constituer une épargne de précaution sous forme d’un capital pouvant être facilement utilisé vous pourrez en avoir besoin pour faire face à d’éventuels imprévus. Personnellement je connais peu de banques qui iraient financer le réaménagement complet d’une salle de bain pour la rendre accessible à une personne âgée lorsque l’emprunteur à 70 ou 75 ans…
Vous me faites remarquer que votre capacité d’épargne n’est pas extensible ? Ce n’est pas forcément un problème. C’est là très exactement ou des véritables professionnels de la gestion de patrimoine peuvent vous aider (je ne parle pas là du conseiller bancaire dont le seul rôle est de vous un produit et non du conseil).

Enfin, et on ne le dira jamais assez, faites tout pour être propriétaire de votre résidence principale à la retraite ! Plus de loyer, plus de remboursement de prêt : c’est autant en moins que vous avez à dépenser par mois.

Quelques cas de figures d’épargne pour combler votre perte de revenus à la retraite
Voici en fonction de votre âge l’épargne mensuelle que vous devez réaliser pour conserver vos revenus dans le cas d’une retraite à 65 ans. Cette étude a été réalisée par le journal L’Expansion dans son édition de décembre 2011. La simulation a été réalisée sur le logiciel de la société Harvest. Les hypothèses retenues sont les suivantes : début de carrière à 20 ans avec un salaire de 30 000 € brut, rendement de l’épargne de 3% par an, croissance des revenus de 1,5% par an.

Age du début de l’épargne
Salaire annuel brut
Perte de revenu à la retraite
Epargne mensuelle nécessaire pour maintenir ses revenus
25 ans
37 500 €
1 240 €/mois
360 €
35 ans
45 000 €
1 340 €/mois
596 €
45 ans
60 000 €
1 640 €/mois
1 245 €
55 ans
70 000 €
1 990 €/mois
1 691 €

Pourquoi réaliser une étude de votre situation personnelle ?
Chaque carrière est unique et nécessite une analyse approfondie et personnalisé. Seul un professionnel est à même de vous accompagner et de vous conseiller. Fuyez pour cela les solutions vendues par les banques : trop chères, trop chargées en frais, peu souples, pas évolutives, standardisées et pas sur-mesure en fonction de votre cas unique. Et surtout, pas de réel conseil mais juste de la vente de produits…

L’étude doit prendre en compte la reconstruction de votre carrière, l’état de votre patrimoine à ce jour, vos charges incompressibles, votre capacité d’épargne, votre situation familiale, votre fiscalité… Il s’agit d’un véritable travail qui peut prendre plusieurs heures de préparation en amont à votre conseil avant de vous rendre une étude et ses préconisations.

Conseils
Préparer votre retraite le plus tôt possible : cela permet, pour un montant identique, de réduire de deux tiers l’effort d’épargne à fournir par rapport à quelqu’un qui commence à s’en soucier après 50 ans.

Vous n’avez pas commencé à préparer votre retraite ? dîtes-vous qu’il n’est jamais trop tard. Pensez que votre capacité d’épargne augmente avec le temps. Souvent après 55 ans, on a fini de rembourser son crédit immobilier et les enfants ne sont plus à charge. Et vous avez aussi plus de temps pour préparer votre retraite qui est prise de plus en plus tard.

Faites un point tous les 3 ou 4 ans sur les solutions mises en place : les règles concernant les régimes obligatoires changent de plus en plus fréquemment comme l’attestent les 4 grandes réformes depuis 1993. Vous faire conseiller pour aménager les dispositifs que vous avez mis en place est indispensable.

Faites un point tous les ans sur la gestion financière de votre épargne : si votre épargne n’est pas correctement rémunérée, vous ne faites qu’un pas vers votre retraite et pas le chemin en entier.


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* Données obligatoires


Les impacts de la réforme des retraites de 2014

La retraite ou le monde des bonobos :
Connaissez-vous les bonobos ? C’est trois petits singes dont l’un se cache les yeux, l’autre les oreilles et le dernier la bouche. Et bien il s’agit d'une parfaite image pour illustrer la situation des retraites en France aujourd’hui :
  • les français ne veulent pas voir qu’il faut qu’ils constituent eux-mêmes leur retraite,
  • les partenaires sociaux ne veulent entendre parler d’aucune réforme,
  • et les politiques ne veulent pas en parler pour éviter de faire des vagues…

Tout le monde s’accorde à le dire, tout le monde le sait, mais personne ne bouge.

Le système actuel des retraites basé sur le régime par répartition est en péril pour deux raisons principales :
  • D’une part l’allongement de la vie qui a pour conséquence l’augmentation de la durée de versement des retraites. En effet, selon une source de l’INSEE, en 2010 l’espérance de vie augmentait en 1 an de 4 mois tant pour les hommes (78,1 ans) que pour les femmes (84,8 ans).
  • D’autre part le déséquilibre croissant entre le nombre de retraités et le nombre d’actifs. Alors qu’il y avait 2,2 actifs pour 1 inactif de 60 ans ou plus en 2005 selon une source INSEE, on n’en compterait plus que 1,4 en 2050…

En moins de 20 ans, 4 grandes réformes des retraites se sont succédées. Tous les experts s’accordent pour dire que la réforme de 2014 ne sera pas la dernière ! En effet, aucun politique à ce jour ne veut prendre les mesures qui seraient nécessaires mais qui seraient extrêmement impopulaires. Cependant à vouloir toujours reculer les décisions à plus tard, nous risquons de nous retrouver très rapidement dans une situation explosive où il faudra diviser le montant des pensions ou rallonger encore plus les durées de cotisations Car que se passera-t-il en 2050 ? A 1,4 actif pour 1 retraité et à cotisations constantes, le montant des pensions ne représenterait plus que 60% de celles versées actuellement.
Il devient donc dangereux d’attendre après l’état et les caisses de retraites pour s’assurer d’un montant minimum de pension. Il est donc impératif, pour maintenir votre niveau de vie à la retraite, de mettre en place des solutions individuelles.

Les nouveautés de la réforme des retraites 2014 :
Allongement progressif de la durée de cotisation
La durée de cotisation passera progressivement à 43 ans d’ici 2035 pour les salariés. Ce passage va se réaliser au fur et à mesure en fonction des différentes tranches d’âges.
Le tableau ci-après vous permet de voir la durée de cotisation nécessaire pour pouvoir prendre votre retraite en fonction de votre année de naissance.
Année de naissance
Durée de cotisation
1958 – 1959 – 1960
41 ans et 3 trimestres
(soit 167 trimestres)
1961 – 1962 – 1963
42 ans
(soit 168 trimestres)
1964 – 1965 – 1966
42 ans et 1 trimestre
(soit 169 trimestres)
1967 – 1968 – 1969
42 ans et 2 trimestres
(soit 170 trimestres)
1970 – 1971 – 1972
42 ans et 3 trimestres
(soit 172 trimestres)
1973 et les générations suivantes
43 ans
(soit 172 trimestres)

Hausse du montant des cotisations vieillesse
La hausse sera progressive pour atteindre un taux de cotisation de 7,15% en 2017.
Le gouvernement a prévu d’augmenter les cotisations vieillesse, patronales et salariales de 0,6 point d’ici 2017, avec un premier palier de 0,15% en 2014, puis de 0,05% les années suivantes. Les salariés ont d’ailleurs pu voir le montant de leur salaire net baisser légèrement début 2014.

Année
Hausse des cotisations patronales
Hausse des cotisations salariales
Hausse totale des cotisations
2014
0,15%
0,15%
0,30%
2015
0,05%
0,05%
0,10%
2016
0,05%
0,05%
0,10%
2017
0,05%
0,05%
0,10%
Total
0,30%
0,30%
0,60%

Au final, en 2017, l’accroissement des cotisations sera de 0,3% pour les salariés et de 0,3% pour les employeurs.

Création d’un compte personnel de prévention de la pénibilité
A partir du 1er janvier 2015, ce compte ouvrira droit à attribution de points que le salarié pourra convertir en une formation pour un métier moins pénible ou pour financer un temps partiel mieux rémunéré ou encore pour obtenir un bonus de trimestres et partir plus tôt à la retraite.
Autant le dire tout de suite, il s’agit d’une mesure politique élaborée par des personnes très éloignée de la vie des entreprises. Comment mesurer la pénibilité ? Doit-on prendre en compte les critères physiques de la personne ? Après tout, que l’on soit grand ou petit pour un emploi donné peut entraîner une pénibilité plus ou moins grande elle aussi. Une meilleure revalorisation des salaires pour les emplois dits pénibles aurait été beaucoup plus simple et efficace : elle aurait permis à ces personnes de vivre mieux en dehors de leur travail grâce à une meilleure rémunération. Le salaire plus élevé aurait permis également de cotiser de manière plus efficace pour la retraite et donc de partir plus vite pour ces personnes…

Il est réservé aux salariés des employeurs de droit privé et au personnel des personnes publiques employé dans des conditions de droit privé.

Il est financé par 2 cotisations patronales supplémentaires. Et dire que l’on nous a promis un choc de simplification et une baisse des charges… Voici donc 2 nouvelles lignes de cotisations qui vont apparaître sur les bulletins de salaire déjà bien remplis…

Amélioration de la prise en compte des interruptions de carrière
(décret d’application à paraître)
Heureusement cette réforme a au moins un point positif : l'amélioration de la prise en compte des interruptions de carrière. On a ainsi une prise en compte complète des trimestres d’apprentissage pour les apprentis.
De même on a une prise en compte de 4 trimestres au titre du chômage, 2 trimestres au titre de l’invalidité et de tous les trimestres de congé maternité pour le bénéfice de la retraite anticipée pour carrière longue.
Pour les temps partiels, les apprentis, les titulaires de contrats en alternance ou de professionnalisation, il est possible d’acquérir 1 trimestre avec 150 heures SMIC de cotisations contre 200 heures précédemment.
Enfin il est possible de racheter des trimestres d’études à tarif préférentiel.

Bon à savoir
La réforme prévoit également d’instaurer un « comité de suivi des retraites » composé de 5 personnalités. Il remettra, chaque année, un rapport analysant la situation comparée des hommes et des femmes en matière de retraite et indiquera s’il estime que notre système de retraite s’éloigne de façon significative de ses objectifs d’équité, de pérennité financière, de niveau de vie des retraités… Il s’agit là encore ni plus ni moins qu’un énième comité Théodule qui rendra un rapport annuel qui ne sera lu par personne, dont les frais de fonctionnement  n’iront qu’en s’amplifiant chaque année (nos politiques ont tendance à confondre d’ailleurs « s’amplifier » et « simplifier »…)

Tous les ans, il est prévu également que le gouvernement organise un débat sur les orientations de la politique des retraites dans la fonction publique avec les syndicats de fonctionnaires. Il s’agira d’un nouveau goulot d’étranglement à décision : au lieu de libérer le pouvoir de décision on l’enferme dans des comités constitués de parties opposées qui préfèrent le statut quo à une décision qui pourrait aller à l’encontre de leurs intérêts. Au diable cet immobilisme ! 




Ce que les 3 dernières réformes ont changé
1993
Réforme
Balladur
La durée de cotisation pour une retraite à taux plein passe de 37,5 à 40 ans.

Les pensions sont calculées sur les 25 meilleures années et non plus sur les 10. Elles sont indexées sur l’indice des prix à la consommation et non plus sur les salaires.
2003
Réforme
Fillon
La durée de cotisation pour une retraite à taux plein passe progressivement à 41 ans et celle des salariés du public est progressivement alignée sur celle des salariés du privé.

Une décote est créée pour un départ à la retraite sans avoir atteint la durée de cotisation légale et une surcote pour ceux qui décident de travailler au-delà de l’âge requis.

Sont créés le PERP (Plan d’Epargne Retraite Populaire) qui permet aux Français de préparer leur retraite à titre individuel avec des économies d’impôts à la clé et le PERCO (Plan d’Epargne pour la Retraite Collectif).
2010
Réforme
Woerth
L’âge légal de la retraite est repoussé à 62 ans pour les générations nées après 1955.

L’âge pour bénéficier d’une retraite à taux plein, sans avoir cotisé tous les trimestres requis, est repoussé à 67 ans.

Révision du dispositif « carrières longues » pour permettre aux personnes ayant commencé à travailler à 18 ans de partir plus tôt à la retraite.

Dispositions plus avantageuses pour les jeunes en chômage non indemnisé, les femmes ayant perçu des indemnités maternité et les personnes en incapacité de travail supérieur à 20% du fait d’une situation d’usure professionnelle.

lundi 14 octobre 2013

Nick LEESON

Nick LEESON
Parmi les grandes figures de la finance il ne faut pas oublier les personnes qui par leurs actes ont mis en péril les institutions. On peut ainsi citer Nick Leeson dont la vie a été portée à l’écran en 1999 dans le film Rogue Trader avec Ewan McGregor dans le rôle du même Nick Leeson.

Promu alors qu’il n’avait que 24 ans responsable en chef du marché des produits financiers dérivés pour la banque Barings à la Bourse de Singapour (Singapore International Monetary Exchange – SIMEX), Nick Leeson eut de 1992 à 1995 la responsabilité d’assurer les transactions des clients de la banque Barings (ce que l’on nomme le « Front Office »), ainsi que celle de garantir le contrôle des opérations (ce que l’on nomme le « Back Office »), fonctions qui sont traditionnellement séparées chez les opérateurs de marché pour des raisons de sécurité. En effet, contrôler les mêmes opérations que celles que l’on a initié n’apporte aucune garantie pour les tiers. Il est à noter que la Barings était à l’époque la plus ancienne banque d’investissement du Royaume-Uni et que cette dernière jouissait d’une grande réputation puisqu’elle était même la Banque de la Reine d’Angleterre.

Nick Leeson explique dans l’autobiographie qu’il a rédigé sur cette affaire (devenu depuis un best-seller intitulée « Rogue Trader » (« Trader voyou ») qui fut ensuite adaptée au cinéma), que c’est tout d’abord pour compenser les pertes de l’un de ses collaborateurs qu’il spécula secrètement avec les fonds des clients de la banque Barings, tout en passant cette perte sur un compte également tenu secret, qu’il nomma le compte « 88888 » (qui était en fait référencé comme un compte d’erreur).
Cette toute première fraude « de compensation » qui fut au crédit du résultat de la banque ayant réussi, Leeson tenta de couvrir d’autres pertes par le même type de procédé, pariant en particulier sur la hausse des marchés asiatiques (et notamment sur l’indice Nikkei) via des prises de positions acheteuses sur des produits dérivés à fort effet de levier. Puis celui-ci tentera d’améliorer le résultat de son activité en utilisant les mêmes méthodes. S’en suivi la mise en place d’un véritable système parallèle utilisant manipulations boursières et comptables dans lequel Nick Leeson devait jongler avec les éventuelles pertes qu’il réalisait.
Dans le courant de l’année 1994 et début 1995 le système s’emballa. Le tremblement de terre de Kobé marque la fin du système de Nick Leeson. Les marchés asiatiques ne cessèrent à partir de cette époque de baisser et Nick Leeson dut emprunter de plus en plus de liquidités pour couvrir ses positions (le marché n’allant jamais dans son sens), jusqu’à creuser une perte cumulée de 827 millions de livres sterling, soit deux fois le capital de la banque à la date du 23 février 1995.

Dès que la fraude fut constatée, La Barings fut déclarée en faillite et fut rachetée pour 1 livre sterling symbolique par ING qui s’engagea à couvrir et épurer ses pertes.
Face à cette situation dramatique, Nick Leeson pris la fuite avec son épouse et tenta de rejoindre l’Angleterre, mais fut arrêté en Allemagne au cours des quelques jours qui suivirent. Extradé vers Singapour, il fut condamné à six ans et demi de prison et à 70 000 livres sterling d'amendes. Celui-ci divorce en prison et découvre qu’il est atteint d’un cancer du colon. Il ne demeura incarcéré que 4 ans (jusqu’en 1999).
Parvenant à vaincre son cancer, Nick Leeson s’est réinstallé en Europe, où il est devenu directeur commercial puis président d’un club de football en République d’Irlande (Galway United).
L’histoire se souviendra de lui comme étant le Trader qui mis à genoux la « plus vieille dame d’Angleterre ».

A lire également : Eurex et Euronext.liffe : les places pour négocier les produits dérivés

vendredi 11 octobre 2013

Protéger ses coordonnées bancaires sur internet

De plus en plus de personnes ou d'entreprises sont confrontées à des fraudes ou tentatives de fraudes sur leurs comptes bancaires ou leurs cartes bancaires. La plupart des banques proposent face à cela une panoplie d'assurances plus ou moins adaptées aux situations et invitent leurs clients à protéger leurs coordonnées bancaires.
Si l'importance de la protection concernant les cartes bancaires est de plus en plus perçue par les clients (ne pas faire de transaction sur des sites non sécurisés, ne pas donner son numéro de carte etc...) il en est généralement différemment des coordonnées des comptes bancaires !

Qui n'a jamais envoyé son RIB par mail, ou à un organisme dont il ne connait presque rien ? Quelle entreprise n'a jamais mis sur internet ses coordonnées bancaires pour que ces clients puissent la régler ? Sans s'en rendre compte chacun ouvre une brèche dans la protection de ses coordonnées bancaires, qui peut être immédiatement exploitée par des réseaux d'escrocs ou mafieux.

Quel est le risque ?


Quel est le risque de laisser à disposition son Relevé d'Identité Bancaire (RIB) ?
En premier lieu le RIB ou IBAN (International Banking Account Number) peut-être utilisé par des escrocs pour envoyer une demande de virement à votre banque par fax ou par courrier. Ils disposent en effet ainsi de vos coordonnées bancaires (code banque, code guichet, numéro de compte et clé RIB), mais également de vos coordonnées (nom, prénom et adresse), ainsi que des coordonnées de votre agence ou centre d'affaires entreprises. Le risque de fraude est faible puisque votre banque est normalement tenue de vérifier la signature sur la demande voir de faire un contre-appel téléphonique pour vérifier la conformité de l'opération. Mais néanmoins en période de forte activité ou face à des personnes peu sensibilisées aux risques dans les agences ce genre d'escroquerie peut fonctionner.
Certaines entreprises se sont vues ainsi détroussées de plusieurs dizaines de milliers d'euros suite à de fausses demandes de virements.
Nous ne développerons pas ici les méthodes complètes employées par ces fraudeurs pour ne pas susciter des vocations.

En deuxième lieu, les coordonnées de votre compte peuvent être données à un organisme (opérateur téléphonique, organisme de crédit, société d'énergie, ou d’abonnement quelconque etc...) en vue de régler une prestation ou un abonnement par prélèvement bancaire. L'organisme qui généralement gère plusieurs centaines voir milliers de demandes de prélèvements par jour ne vérifie pas les coordonnées qui lui sont transmises.
Ainsi, si vous ne vérifiez pas votre compte régulièrement, vous pouvez voir passer des prélèvements de sociétés que vous n'avez jamais sollicité. L'escroc qui a utilisé vos coordonnées bancaires continuera de profiter d'un service à vos frais tant que vous n'aurez pas fait rejeter ces prélèvements et que vous n'aurez pas fait opposition à ceux-ci.

En troisième lieu, le risque et qu'à partir de ces coordonnées des personnes usurpent votre identité pour ouvrir un nouveau compte bancaire, obtenir des crédits... et que la fraude prenne une ampleur encore plus grande...

Comment se protéger ?


La première chose à faire, que l'on soit entreprise ou particulier, est de vérifier les coordonnées que l'on trouve sur soit ou sa société sur internet. Vous trouverez ci dessous une barre de recherche google où nous vous invitons à faire plusieurs recherches. Vous pouvez ainsi taper : votre nom + le terme "RIB", ou votre nom + le terme "IBAN", ou encore votre nom + le nom de votre banque. Regardez bien les réponses données, voir fouillez un peu. Si vous trouvez vos coordonnées bancaires n'hésitez pas à clôturer le compte en question si vous êtes un particulier, et demandez au site hébergeur de supprimer la page correspondante.
Si vous êtes une entreprise ou un professionnel il s'agit peut être de coordonnées bancaires que vous avez mis volontairement en ligne pour que vos clients puissent vous régler plus facilement. Nous verrons un peu plus bas comment vous protéger.

Mais avant tout faisons le test :
(tapez votre nom + RIB, ou votre nom + IBAN, ou votre nom + le nom de votre banque)


Vous ne trouvez rien ?
Ouf ! Le risque semble écarté pour le moment, mais restez vigilant et revenez faire ce test de temps en temps.

Vous êtes un particulier et vous trouvez vos coordonnées ? Agissez immédiatement !

Si vous êtes une entreprise et que vous trouvez vos coordonnées bancaires, vous avez pu comme nous l'avons indiqué plus haut vouloir mettre celles-ci sur internet afin de favoriser votre courant d'affaires. Vérifiez toutefois que celles-ci ne sont présentes que sur votre site internet et pas sur celles de pages n'ayant rien à voir avec votre activité.
Le fait de mettre en ligne vos coordonnées bancaires ne doit pas vous empêcher de protéger vos avoirs.

L'une des techniques les plus utilisée afin d'éviter les sinistres et les fraudes est d'avoir un compte bancaire dédié aux entrées de vos clients et un second dédié à vos règlements. 
Exemple :
Vous ouvrez un compte A dans votre banque et vous communiquer votre RIB sur votre site afin que vos clients puissent vous régler.
Vous prévenez votre banque qu'aucune opération ne peut passer sur ce compte hormis des virements que vous effectuez sur un compte B ouvert dans la même banque.
Vous faîtes des virements au fur et à mesure du compte A vers le compte B afin de régler à partir de ce dernier vos fournisseurs. Le compte autorisant les sorties vers des comptes de tiers est ainsi partiellement protégé car non communiqué sur internet.

Si vous êtes confronté à ce type de fraude n'hésitez pas à partager votre expérience dans la partie commentaire et indiquer aux internautes les solutions que vous avez mis en oeuvre.

samedi 5 octobre 2013

Nouvelle présentation du Blog

Une nouvelle présentation du Blog est mise en ligne aujourd'hui.
Nous l'espérons plus claire, plus fonctionnelle.
Dites-nous dans la partie "commentaire" ci-dessous ce que vous en pensez.

Bonne visite à tous

samedi 28 septembre 2013

Eurex et Euronext.liffe : les places pour négocier les produits dérivés

Eurex (European Exchange), est le leader sur le marché mondial des produits structurés. 
Eurex est le plus grand marché à terme au monde, sur lequel se négocient les produits dérivés (option et futurs), par le nombre de contrats traités (près de 1,3 milliard de contrats  en 2005 et 1,5 milliard de contrats sur 2012). Ce Marché devenu complètement électronique est né en 1998 de la fusion des marchés de Francfort et de Zurich (Deutsche Terminbörse, DTB et de Swiss Options and Financial Futures Exchange, SOFFEX) dans le but de concurrencer le LIFFE qui est le marché à terme de Londres.

Avant de devenir un marché électronique, ce marché était traité à la criée. Le film Rogue Trader qui raconte l’histoire de Nick Leeson et de sa déroute donne une bonne idée de l’ambiance qui pouvait régner dans la criée.
Les produits phares d’Eurex portent sur les futures sur emprunts d'État allemands, qui constituent le marché directeur des taux d'intérêt à moyen et long terme de la zone euro :
  • le contrat sur emprunts à 10 ans ou contrat Bund, avec en moyenne plus de 1,5 million de contrats par jour, soit plus de 150 milliards d'euros de nominal;
  • le contrat sur emprunts d'État à 5 ans ou contrat Bobl, pour lequel sont traités en moyenne plus de 870.000 contrats/jour, soit plus de 87 milliards d'euros de nominal;
  • et enfin le contrat sur emprunts d'État à 2 ans, appelé contrat Schatz, sur lequel se négocie en moyenne 800.000 contrats/jour, soit plus de 80 milliards d'euros de nominal.

Eurex cote également de nombreux produits dérivés sur actions, dont des options et un contrat sur l'indice DJ Euro STOXX 50.

Eurex est organisé avec un carnet d'ordres centralisé, dans lequel toutes les transactions et demandes de prix sont entrées au cours de la journée de négociation.
Les seules transactions d'achat et de vente qui ne passent pas par le carnet d'ordres centralisé sont des opérations OTC ou « Over The Counter » (c'est-à-dire de gré à gré : où le prix est convenu hors bourse par un acheteur et un vendeur puis enregistré à Eurex Clearing AG à la compensation, à des fins de règlement), ainsi que des opérations de compensation et de transactions liées au règlement comme la cession ou la levée d’options et les notifications / allocations des contreparties de positions sur contrats à terme.


Euronext.liffe est quant à elle une Bourse de produits dérivés créée à Londres après la suppression du contrôle des changes au Royaume-Uni. le LIFFE(London International Financial Futures and options Exchange) offrait initialement aux intervenants de marché des outils de gestion du risque de change et de variation des taux d'intérêt libellés dans les principales devises mondiales. Le marché des produits dérivés est en effet un marché d'instruments financiers ayant pour objet la couverture du risque.

En 1992, le LIFFE a d'abord fusionné avec le « London Traded Options Market » (LTOM),qui était le principal marché londonien d'options négociables. Le LIFFE a alors ajouté les options sur actions à sa gamme de produits.
En 1996, le LIFFE fusionne avec la Bourse de dérivés de matières premières, le « London Commodity Exchange » (LCE), et continue d'élargir sa gamme de produits financiers aux produits dérivés portant sur l'échange des matières premières.
En 2002 la plateforme Euronext rachète le LIFFE. Cette opération était devenue nécessaire suite à l'avènement de l'euro. Celui-ci avait en effet conduit à l'unification et à la diminution des taux d'intérêt à court terme entre les pays de zone euro. Or il s’agissait de la principale spécialité du LIFFE dès l'origine. Un regroupement des marchés proposant la couverture des mêmes taux s'avérait logique et nécessaire, l'intégration du LIFFE dans Euronext devenu NYSE-Euronext en 2007 a notamment permis une réduction des coûts de négociation afin de concurrencer Eurex.

Les activités sur les contrats dérivés d'Euronext et du LIFFE ont été regroupés sous l'appellation Euronext.liffe, marché unique centralisé à Londres et ayant par ailleurs absorbé le MATIF (Marché à Terme International de France) qui a été fermé par Euronext Paris.

Les marchés de produits dérivés du LIFFE portent aujourd'hui sur :
  • les taux d'intérêt à court terme (STIRs) ;
  • les obligations ;
  • les swaps ;
  • les actions ;
  • les matières premières.

Le produit-phare du LIFFE est le contrat Euribor 3 mois (European Interbank Offered Rate), taux moyen auquel 41 banques de l'Union Européenne et 8 banques internationales de premier rang se prêtent et s'empruntent des euros pour une période de 3 mois.

A lire également : Le Baltic Dry Index (BDI)

jeudi 26 septembre 2013

Wall Street : L'argent ne dort jamais

Wall Street 2 ou Wall Street : L’argent ne dort jamais est sorti 23 ans après le 1er opus. Si le Wall Street de 1987 apportait un regard sur les délits d’initiés et les malversations dans la finance, Wall Street 2 traite des dérives qui ont amené à la crise de 2008. CDS, MBS… bon nombre de produits financiers sont présentés dans ce film.

Résumé :

On retrouve Gordon Gekko sortant de prison en 2001 après avoir purgé une peine de 8 ans pour délit d'initié et diverses fraudes.

Sept ans plus tard, à Wall Street, New York peu avant le krach boursier de 2008, le jeune trader, Jacob « Jake » Moore, assiste impuissant à l'effondrement de sa banque qui conduit au suicide de son patron et mentor Louis Zabel. Jake suit la piste des obscures tractations financières à l'origine de ces événements tout en essayant d'obtenir un contact avec Gordon Gekko, ex gourou de la finance qui n’est autre que le père de fiancée, Winnie. Celle-ci reproche la mort de son frère à son père pendant son incarcération et a coupé les ponts avec lui.
Jake doit préserver sa relation avec Winnie, mais doit en même temps se lier à Gordon Gekko pour combattre Bretton James responsable selon lui de la chute de sa banque. Le jeune financier doit faire face à deux monstres de la finance rompus à toutes les opérations les plus sombres…


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